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Pierre, un ancien de Kerplouz parti vivre au Japon

par | 15 Mai 2018 | Divers | 0 commentaires

Pierre Malry est un ancien élève du Lycée qui a eu son Bac STAV en 2014 et son BTS Aménagement Paysager en 2016. Certains se souviendront bien de lui !

Suite à son BTS, il a décidé de parcourir le monde et est parti pendant 9 mois au Canada (Toronto) dans une école internationale pour se perfectionner en anglais. Il a rencontré là-bas, une japonaise qu’il a décidé de rejoindre… au Japon. Après être retourné  quelques mois France pour se faire un peu d’argent, il est donc reparti pour le japon où il réside depuis. Il a eu quelques emplois avant d’être embauché dans une école pour donner actuellement des cours d’anglais.

Pierre devrait certainement prolonger son séjour au Japon pour quelques temps puisqu’il va bientôt s’y marier !

Nous allons découvrir ses aventures par ce petit interview qui donnera, je l’espère aux jeunes (et moins jeunes) l’envie d’oser découvrir le monde ! 

« …J’ai voyagé beaucoup en très peu de temps et donc découvert le monde qui nous entoure et je me suis rendu compte que l’on est ignorant sur bien des choses.

Pour moi une des plus grandes richesses aujourd’hui est le voyage. On ne peut imaginer tout le bienfait qu’apportent le voyage et l’ouverture de la pensée. Les nouvelles générations ont une grande chance d’avoir des possibilités de voyager et de s’ouvrir au monde qui sont plus facile qu’auparavant.

Ayant rencontré et ayant énormément d’amis étrangers, je me rends compte à quel point nous sommes privilégiés en France par le nombre de possibilités que notre pays nous propose… » (Pierre Malry).

Au CANADA :

RG : Avec quelle structure as-tu organisé ton départ au Canada, Comment t’es tu préparé au départ, quel était ton budget ?

PM : Je suis parti au Canada avec la structure Education First (Ef). Partir avec cet organisme demande un important budget car il coûte très cher mais offre un service impeccable. Ils ont différentes formules : 3 mois, 6 mois, 9 mois. Personnellement j’avais pris 9 mois avec une famille d’accueil. Il faut compter toute la nourriture, transport, hobby etc… Ce qui vient très facilement à un budget aux alentours des 14 000€. Mais en étant sur place, je me suis vite rendu compte qu’il existe beaucoup d’écoles internationales avec un très bon service et à un prix beaucoup plus raisonnable. Je conseille donc pour ceux qui veulent partir, de chercher au niveau de la ville où ils vont, de contacter personnellement une école, le prix sera beaucoup plus abordable.

RG : Dans quelle école as-tu passé ton année à Toronto. Dans quelle filière as-tu été intégré?

PM : E.F. a ses propres écoles partout dans le monde. Il n’y a pas de filières, nous sommes là-bas pour étudier l’anglais. Mais il y a des classes supplémentaires au choix. Il y en a pour préparer aux examens de Cambridge, TOEIC, TOEFL ou encore  des classes sur la société ou encore l’économie mais le niveau d’anglais pour ces dernières classes doit être assez élevé.

RG : Au bout de combien de temps étais-tu à l’aise en langue anglaise ?

PM : Leur méthode est complètement différente de celle que l’on reçoit en France, j’étais baigné dans l’anglais tous les jours que ce soit en classe, en famille d’accueil et avec mes amis. Pour un Français, l’anglais vient assez vite car ce sont 2 langues très similaires. Mais cela dépend également de chacun et de l’implication. Je me suis rendu compte que j’avais une bonne oreille pour les langues, cela m’a alors énormément aidé. J’ai commencé à être à l’aise avec la langue au bout de 3/4 mois. Mon oreille m’a permis d’écouter les différents accents de toutes les personnes qui m’entouraient ce qui m’a permis de perdre mon accent français.

RG : Avais-tu un projet professionnel à l’époque ? T’es-tu intéressé aux paysages et aux jardins ?

PM : Avant de partir j’avais décidé d’arrêter le paysage, durant ma dernière année de BTS j’avais passé en parallèle un examen en tant que coach sportif. Mon projet professionnel à l’époque était donc de devenir coach sportif.
Au Canada il n’y a pas de jardins, c’est un pays où il fait très froid et donc la palette végétale dans les villes est très limitée. L’importance du paysage au Canada n’est pas du tout dans les mœurs. Par contre c’est un grand pays avec peu d’habitants. Ils ont donc énormément d’immenses parcs nationaux que vous voyez uniquement dans les rêves. Ils sont vraiment magnifiques surtout l’automne avec les érables.
Par contre le travail du paysage là-bas est quasi inexistant. La nature est leur point fort.

RG : Qu’est-ce qui t’as étonné, déçu, plu dans ta vie là-bas (mode de vie, culture, paysages… ?)

PM : J’ai vraiment été étonné par la gentillesse des Canadiens. Ils sont courtois, respectueux et toujours là pour aider. Ils sont d’une grande richesse culturelle et le racisme n’existe pas là-bas. J’ai été déçu par la nourriture, tout est importé car le sol est gelé une bonne partie de l’année. Leurs produits ne sont pas frais et n’ont pas de goût (Fruits). Ce pays est immense, pour aller dans des parcs nationaux il faut louer une voiture et rouler au minimum 5h. Par contre le résultat est impressionnant. C’est un spectacle magnifique de voir une faune et une flore quasi intacte et non touchée par l’homme.

 

Au JAPON :

RG : Est-ce difficile de s’intégrer en tant qu’occidental au japon ?

S’intégrer au Japon dépend surtout de la personne. Leur culture est très importante. S’il on vient au Japon juste pour des vacances il n’y aura aucun problème car il y a énormément de touristes. Mais s’il on veut vivre au Japon les choses sont plus délicates. Le regard des gens est différent, on pourrait croire à du racisme mais ça ne l’est pas. C’est juste que les japonais n’ont pas l’habitude de voir dans mon cas un couple mixe surtout dans une petite ville. Chaque jour quand je me balade 80% des personnes (essentiellement des femmes) vont regarder dans ma direction et ce n’est pas pour être fier mais un constat. Dans mon cas, j’en rigolais au début mais c’est très vite devenu déplaisant. Chaque chose que je fais, je sais que je suis observé. Il faut être donc conscient et préparé à recevoir ce genre « d’affection » qui n’existe pas forcément chez nous. Mais cela dépend toujours de chacun.
J’en rigole bien souvent avec des amis japonais mais c’est un vrai et sérieux problème que j’éprouve chaque jour.

RG : As-tu fait face à des préjugés sur les français, les européens ?

PM : Être français est un très gros avantage au Japon. On ne réalise vraiment pas l’image que la France véhicule dans le monde. 98% des Japonais rêvent de la France comme d’un Eldorado. Je suis donc généralement très apprécié partout où je vais comme expliqué auparavant. La nourriture Française, l’art et la mode est quelque chose de très puissant au Japon, c’est pourquoi les Japonais adorent la France.

RG : Dans quelle ville et quelle partie du Japon habites-tu ? quelle est la dimension de ta ville ?

PM : J’habite au milieu du Japon. Mes 6 premiers mois ont été passés dans la ville d’Osaka (2ème plus grande ville du Japon).

Aujourd’hui, j’habite plus dans la campagne au bord de la mer à 2h d’Osaka.

RG :Tu as pu voyager un peu durant ces derniers mois ? quels sont les sites qui t’ont marqué ?

PM :J’ai voyagé pas mal oui, mais il faut savoir que les transports au Japon sont assez coûteux. Mon amie a sa propre voiture ce qui m’a permis de m’aventurer plus dans les montagnes, j’ai donc pu découvrir des temples en retrait à Wakayama qui ont un paysage magnifique. De nombreux temples à Kyoto sont également magnifiques.
Mes prochaines destinations seront Hiroshima, le nord du Japon qui est vraiment naturel avec très peu d’habitants et le Sud.

RG :J’ai compris que tu apprends le japonais. Est-ce une langue difficile pour un français ?

PM : Il faut se dire qu’apprendre l’anglais pour un Français est 10x plus facile à assimiler que le Japonais. En Japonais il faut savoir maîtriser 3 alphabets dont les fameux Kanjis qui proviennent du Chinois qui sont juste horrible à apprendre. Mais il y a des écoles pour cela. Personnellement je ne suis pas fan de l’école donc je pratique par moi-même dans la vie courante et j’étudie par moi-même. Mais cela prend énormément de temps. Il faut vraiment persévérer et jamais abandonner, ce n’est vraiment pas quelque chose de simple mais il faut se dire que chaque jour on devient meilleur et que le jour où l’on maîtrisera la langue on aura de quoi être fier.

RG : Est-ce que tu connais des choses sur la culture traditionnelle, ou la culture en général ? Avais-tu auparavant un intérêt pour ce pays ?

PM : Au fur et à mesure j’apprends les différents évènements car ils ont beaucoup  de fêtes avec des significations bien précises.
J’appréciais regarder des films Japonais, lire des mangas, je pratiquais du Judo et durant mes études en BTS je m’intéressais beaucoup aux jardins Japonais.
Mais je n’avais pas prévu d’y aller aussi vite.
Les jardins Japonais sont généralement basés toujours autour de l’eau, ils ont un respect et une connexion avec la nature que bien des pays ont perdus. Le zen est retranscrit dans tous les jardins et c’est une facette de leur culture qui est extrêmement importante pour eux.

RG : Est-ce difficile de trouver un travail en tant qu’étranger ?

PM :Tout dépend encore de chacun. Si vous avez un corps de métier qui s’exporte bien il ne sera pas bien difficile (boulanger, mode, commercial, professeur…) mais sans diplôme spécifique et sans parler Japonais les choses se complique énormément. Il faut donc au moins savoir parler Anglais. S’expatrier au Japon demande beaucoup de compétences/capacités.

RG : Comment as-tu procédé pour trouver ?

PM : Au tout début je ne parlais pas du tout Japonais, j’ai donc travaillé dans un café anglais où j’apprenais au Japonais l’anglais mais uniquement de la conversation. Ensuite McDonalds m’a embauché et j’ai accepté afin de me fixer des challenges avec mon Japonais car ils ne parlaient pas du tout Anglais. Après cela je suis parti et aujourd’hui j’ai un travail en tant que professeur d’Anglais dans une école privé. Je n’ai ni expérience ni diplôme mais ils ont décidés de me prendre après une interview. Je suis donc formé au sein de l’école et je verrai dans un futur proche si je suis assez qualifié ou non.
Le Japon un pays riche en découvertes et nous permet à nous occidentaux de nous poser les bonnes questions sur nos manières d’agir. Malheureusement l’image du Japon est ternie par toutes ces personnes qui voyagent au Japon (uniquement Tokyo) et qui vont tous dans les mêmes magasins fait pour attirer les touristes et reviennent en France et font des vidéos sur YouTube en propageant des idées complètement fausses sur ce pays. Ce qui donne selon moi une image du Japon très dérangeante.